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Exposition « déconstruire l’image ».

Geste, abstraction et figuration dans la peinture française de 1960 à 1980.

Cette exposition à la galerie Ars Essentia propose une lecture transversale de la peinture française des années 1960 aux années quatre‑vingt en s’intéressant à la manière dont l’image a été mise en tension, déconstruite ou réinventée à travers l’exemple de cinq artistes de la scène française. Chacun selon une approche singulière, interroge la représentation et ses limites. L’ensemble permet de comprendre comment l’image cesse d’être un cadre stable pour devenir un processus en transformation constante.

Ce parcours s’ouvre avec César, figure majeure du Nouveau Réalisme. Ses arrachages réalisés à partir des années soixante prolongent ses recherches sur la matière et sur la transformation du réel. Ils introduisent un geste qui met en crise la surface même de l’œuvre et qui révèle une image extraite par un acte qui associe destruction et création. Cette entrée en matière pose la question centrale de l’exposition. Que reste‑t‑il de l’image lorsque ses références sont bouleversées.

Les œuvres de Georges Romathier prolongent cette interrogation en déplaçant le regard vers la profondeur du support. Formé à l’École des Beaux‑Arts de Paris, Romathier développe une peinture dense et stratifiée où l’image semble émerger ou se dissoudre. Sa pratique issue de l’observation des mousses et des lichens engage une réflexion silencieuse sur la persistance des formes et sur la manière dont la matière peut retenir ou effacer la représentation.

L’art cinétique représenté par Zanotti introduit une dimension perceptive et vibratoire. Les œuvres se modifient selon le déplacement du regard et ne se fixent jamais totalement. Elles rappellent que la vision est un acte en mouvement et que l’image peut devenir un phénomène instable. Cette section montre comment les artistes des mouvements cinétiques ont transformé la perception en expérience active.

La figuration critique portée par Brandon et Riberzani déplace la question de la forme vers le

champ du récit et de la société. Brandon, né en 1941 et Riberzani, né en 1944, interroge les représentations sociales et politiques de leur époque, explorent les tensions du quotidien et les contradictions du réel à travers un retour à une figuration qui démontre que l’image peut devenir un outil de lecture du monde et un espace de prise de position. Ces œuvres rappellent que la crise de la représentation est aussi une crise du regard porté sur la société.

L’exposition invite ainsi à considérer l’image non comme une forme figée mais comme un champ d’expérimentation où se rencontrent le geste, la matière, le mouvement et le récit. Elle montre comment les artistes de cette période ont interrogé la représentation pour en révéler la force, la fragilité et la capacité à se réinventer.


Biographies des artistes :


César (1921–1998)

Né à Marseille en 1921, César Baldaccini étudie à l’École des Beaux‑Arts de Marseille puis à l’École nationale supérieure des Beaux‑Arts de Paris. Il devient l’une des figures majeures du Nouveau Réalisme dès 1960. Connu pour ses compressions et ses expansions, il développe à partir des années soixante les arrachages qui prolongent sa réflexion sur la transformation de la matière. Son œuvre est présente dans les plus grandes institutions internationales.


Georges Romathier (né en 1937)

Formé à l’École des Beaux‑Arts de Paris, Georges Romathier construit une œuvre centrée sur la matière picturale et la profondeur du support. Ses surfaces stratifiées accueillent des formes qui semblent émerger ou disparaître. Son travail s’inscrit dans une recherche silencieuse sur la persistance de l’image et sur la tension entre apparition et effacement.


Romano Zanotti (1934-2019)

Artiste associé au mouvement cinétique, Zanotti développe dès les années soixante une œuvre qui interroge la perception et l’instabilité du visible. Ses dispositifs optiques et vibratoires transforment l’image en phénomène dépendant du déplacement du regard. Son travail s’inscrit dans le prolongement des recherches perceptives menées en Europe et en Amérique latine autour du cinétisme. Membre du groupe COMO (constructivisme et mouvement au côté d’Aurélie Nemours et Michel Seuphor).


Frederic Brandon (né en 1943) 

Frederic Brandon, a suivi les formations de l’académie Julian et de l’École des Beaux‑Arts de Paris, il appartient à la génération qui renouvelle la figuration dans les années soixante‑dix et quatre‑vingt. Sa peinture interroge les représentations sociales et politiques de son époque. Elle met en lumière les tensions du quotidien et les contradictions de la société contemporaine. Son œuvre s’inscrit dans la tradition de la figuration critique française.


Daniel Riberzani (né en 1942)

Daniel Riberzani, diplômé de l’Ecole des arts appliqués Duperré, développe une œuvre qui associe narration, observation du réel et dimension satirique. Sa figuration critique explore les rapports sociaux, les gestes ordinaires et les situations de tension. Son travail témoigne d’une volonté de réintroduire le récit dans la peinture tout en interrogeant les codes de la représentation.



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