top of page

Enido MICHELINI

La structure de la couleur dans l’œuvre d’Enido Michelini

 

 L'impression qui reste, lorsque l'on observe l'œuvre picturale actuelle de Enido Michelini, c'est que nous sommes face à un coloriste. Pas un coloriste ordinaire, mais un peintre qui a réussi a harmoniser le côté graphique de sa vie professionnelle antérieure avec la structure de la couleur actuelle. Ce n'est pas peu, la difficulté de concevoir une ligne et une couleur utilisées comme un seul élément vient de la dichotomie entre le linéaire du dessin et le pictural - toujours associée à l'usage abondant de la couleur, non contenue par le dessin – comme établie par Heinrich Wolfflin dans les Principes de l'histoire de l'art (1915).

Cette dichotomie a mis en opposition les peintres vénitiens et florentins (Titien et Botticelli, par exemple), en tant que représentants de ces polarités à la fin du XVe siècle. De la même manière, le controverse entre disciples de Poussin et Rubens sur la même question au XVIIe siècle et la rupture entre peintres classiques et romantiques synthétisés par Ingres et Delacroix nous a amené à associer couleur avec mobilité, densité, tridimensionnalité, opticité et qualités tactiles.

Émotionnellement, la couleur est associée à la passion, au mystère, au romantisme, à la sensation, tandis que la ligne a été relégué dans l'arène où la raison, le contrôle, la logique, la précision et le raffinement fusionnent leurs forces. Enido Michelini a ainsi réalisé un exploit rare en harmonisant son graphisme rationnel raffiné et logique avec la couleur mystérieuse, passionnée et sensible, et a ainsi créé son langage en même temps expressif et ordonné, en plus de concilier les deux éléments du langage : l'expression et le système d’éléments, signes et concepts, c'est-à-dire la grammaire picturale.

Un tableau est expressif lorsqu'il brise sa grammaire, comme ceux de Van Gogh, de même que ceux de Mondrian, qui a choisi le système fermé, dans lequel l'ordre est radical, sans laisser de place à l'expression.

Enido Michelini a réalisé une prouesse insolite, en réunissant le graphique et le pictural dans un même poème de lumière et de couleur. Sa couleur n'est pas contenue par la ligne, mais c’est la ligne qui est devenue couleur, en donnant une plus grande expression à sa poétique sensible, sensorielle et sensuelle.

 

Alberto Beuttenmüller 2008

Association internationale des critiques d'art - AlCA-Unesco.

DSC_0092-2
Enido Michelini Sans titre
Enido Michelini Sans titre 2
bottom of page