top of page
Composition2.png

Romano Zanotti, maître de l’art cinétique et des géométries sensibles

10 mars 2021
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 4 sept.

Romano Zanotti, une figure essentielle de l’art cinétique européen

Romano Zanotti, né en 1934 à Moio della Civitella et disparu en 2019, appartient à la génération d’artistes qui ont profondément renouvelé l’abstraction dans les années soixante. Son œuvre s’inscrit dans le mouvement cinétique, héritier du futurisme et de l’abstraction géométrique, qui explore les phénomènes de la vision, la perception du mouvement et les effets optiques de la couleur. L’art cinétique connaît aujourd’hui une véritable renaissance au sein de la création contemporaine, et la redécouverte de Zanotti s’inscrit dans ce regain d’intérêt pour les recherches perceptuelles.

Un artiste de la galerie Denise René et un acteur du mouvement cinétique

L’exposition « Mouvement » organisée en 1955 à la galerie Denise René marque la naissance officielle de l’art cinétique. Romano Zanotti y sera exposé pendant plus de quinze ans aux côtés de Vasarely, Soto et Agam. Cette présence durable dans une galerie pionnière de l’abstraction perceptuelle confirme son rôle dans la scène cinétique européenne. Il délaisse la figuration au début des années soixante pour se consacrer à une abstraction perceptuelle centrée sur la vibration optique, la modulation chromatique et la participation active du spectateur.

Le groupe CO MO et la construction du regard

En 1967, Zanotti rejoint le groupe CO MO, Constructivisme et Mouvement, qu’il intègre jusqu’en

1972. Cette période marque un approfondissement de son langage visuel. Ses compositions reposent sur des progressions géométriques, des spirales chromatiques et des expansions circulaires qui instaurent un espace de tension et d’équilibre. La courbe devient un élément central de son vocabulaire et structure la perception en créant des oscillations visuelles.

Ancien chanteur, Zanotti associait ses peintures à des phénomènes sonores. Il voyait dans ses compositions des ondulations de notes de musique transposées en couleurs et en formes. Cette analogie entre rythme, couleur et perception confère à son œuvre une dimension sensible qui dépasse la stricte géométrie pour atteindre une véritable poésie optique.

Une œuvre construite, immersive et perceptuelle

Les sources soulignent la patience extrême avec laquelle Zanotti élaborait ses tableaux. Il

considérait la toile comme un espace d’illusion où la véritable nature des formes pouvait apparaître. Sa recherche de la forme pure l’amène à privilégier la clarté du style, la rigueur de la construction et la précision des variations chromatiques. Ses œuvres jouent sur la lumière, les ombres, les dynamiques spatiales et les effets psychologiques de la couleur pour engager activement le regard.

Cette approche transforme la perception en expérience. Les cercles, les progressions colorées et les vibrations optiques invitent le spectateur à un mouvement intérieur. L’œuvre ne se contente pas d’être vue, elle se déploie dans le temps du regard et crée une interaction directe entre la surface picturale et la perception.

Expositions et reconnaissance internationale

La carrière de Romano Zanotti est marquée par de nombreuses expositions en France et en Europe. Il participe au Salon Réalités Nouvelles en 1969, puis à plusieurs expositions personnelles à la galerie Denise René en 1989 et 1996. Il est également présent à la XIIIe Quadriennale de Rome en 1999. Ses œuvres sont montrées dans des institutions majeures comme le Centre Pompidou lors de l’exposition « ERRE, variations labyrinthiques » en 2011 et au Grand Palais dans « Dynamo » en 2013.

Aujourd’hui, ses œuvres continuent d’être exposées dans des galeries spécialisées, dont Ars Essentia à Beaune, qui valorise son apport à l’abstraction perceptuelle et à l’art cinétique.

Un héritage de vibration et de clarté

Romano Zanotti laisse une œuvre qui conjugue exigence formelle et sensibilité perceptuelle. Ses tableaux, fondés sur la courbe, la répétition et la modulation chromatique, instaurent une relation active entre l’œuvre et le spectateur. Ils témoignent d’une volonté de créer une expérience sensorielle où la couleur et la forme deviennent des phénomènes autonomes.

Dans le contexte actuel de redécouverte de l’art cinétique, son travail apparaît comme une contribution essentielle à la compréhension de la perception visuelle et de la géométrie sensible. Il offre une vision où la rigueur constructiviste se mêle à une vibration intérieure, où la forme pure devient un espace de résonance.


Cedric LE BORGNE (Galerie Ars Essentia) droits réservés.


Commentaires


bottom of page