Catherine Chopinet : entre nature intérieure et héritage des maîtres du paysage
- Cedric Le Borgne

- il y a 17 heures
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Formée à l’École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris, où elle développe très tôt une sensibilité aiguë à la matière et à la couleur, Catherine Chopinet construit depuis plus de vingt ans une œuvre profondément ancrée dans l’observation du réel et dans l’émotion qu’il suscite. Elle développe dans sa peinture un univers personnel, croisement d’une observation rigoureuse de la nature et des émotions qui la traversent, la critique Michèle Barbe, professeur émérite d'histoire de l'art à la Sorbonne, souligne un art « solide et sensible » où la nature devient langage intérieur « Vibrant à l’unisson d’une nature totalement intériorisée, elle en dévoile les forces secrètes dans un langage libre, à la fois épuré et d’une grande expressivité ». Cette double fidélité, à la fois au visible et à l’expérience intime, constitue le socle de son parcours.
Son enfance en Lozère, territoire de montagnes austères et de lumières changeantes, marque durablement son regard. Les paysages qu’elle peint ne sont jamais de simples motifs, mais des espaces de méditation. Ainsi, elle n’a de cesse d’explorer ses paysages intérieurs, et cette exploration donne à son œuvre une profondeur qui dépasse la description pour atteindre une forme de présence. Dans ses aquarelles, ses huiles ou ses pastels.
La nature n’est pas seulement représentée, elle est disséquée.

Cette approche la place dans la continuité des peintres de Barbizon, qui furent les premiers à faire du paysage un sujet autonome. Comme eux, elle privilégie la rencontre directe avec le motif, la vérité d’une lumière, la densité d’un arbre, la vibration d’un ciel. Mais son geste, plus libre, plus intérieur, rejoint également l’héritage du néo‑impressionnisme, non par la division systématique de la touche, mais par l’attention portée aux variations chromatiques, à la manière dont la couleur construit l’espace et révèle l’émotion.
Ses œuvres, souvent structurées autour d’un arbre, d’un chemin ou d’une ligne d’horizon, semblent naître d’une pulsation lumineuse qui organise la composition de l’intérieur.
Lorsque la critique Michèle Barbe évoque une artiste « vibrant à l’unisson d’une nature totalement intériorisée » et dévoilant « ses forces secrètes dans un langage libre, épuré et expressif ». Elle éclaire parfaitement la singularité de Catherine Chopinet : une peinture qui ne cherche ni l’effet ni la virtuosité, mais une justesse, une intensité, une forme de vérité sensible, une relation à la nature comme un espace de contemplation, presque de recueillement.

Son parcours professionnel, riche d’expositions régulières à Paris et à Karlsruhe, témoigne d’une fidélité à cette recherche. Enseignante en dessin et en arts visuels, elle transmet également cette exigence du regard, cette attention au réel qui fonde toute sa pratique. Son travail par séries, souvent décrit comme une « quête de soi », révèle une artiste pour qui chaque œuvre est un passage, une traversée et un approfondissement.
Ainsi, la peinture de Catherine Chopinet s’inscrit dans une tradition picturale qui va de Corot à Signac, de la forêt de Fontainebleau aux rivages lumineux du néo‑impressionnisme, tout en affirmant une voix singulière, contemporaine, profondément incarnée. Ses paysages ne sont pas des lieux, mais des états d’âme.

Ses arbres ne sont pas uniquement des formes, mais des présences.
Sa peinture, enfin, est une expérience de la vie, celle d’une nature qui devient mémoire, souffle et lumière. L’œuvre de Catherine Chopinet nous rappelle cet aphorisme de l’auteur Khalil Gibran : « l’art est un pas de la nature vers l’infini ».
Cedric LE BORGNE.




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