One Ack — Entre souffle urbain et songes colorés
- Cedric Le Borgne

- 21 févr.
- 2 min de lecture

Né à Paris en 1993, One Ack appartient à cette génération d’artistes pour qui la rue fut d’abord une école, puis un territoire intérieur. Très jeune, il s’immerge dans l’univers du graffiti sous le nom d’Akro, apprenant à modeler les lettres comme d’autres apprennent à sculpter la matière. Dans les friches abandonnées où il s’exerce, il oppose à l’obscurité des lieux une pulsation de couleurs, un geste qui cherche moins à recouvrir qu’à ranimer.

Au fil des années, son langage plastique s’affine, se déploie, se dédouble. Le graffiti demeure la matrice, mais One Ack y greffe d’autres techniques, notamment le pochoir, qu’il utilise comme une respiration plus délicate, presque murmurée. Ses œuvres deviennent alors des scènes de rencontre : l’énergie brute du street art y dialogue avec la précision d’une silhouette, d’un regard, d’un animal totem. Cette hybridation crée un espace de rêverie où la couleur n’est jamais décorative, mais vecteur d’élan, de vibration, de présence.

Son processus, lui aussi, relève d’une dramaturgie intime. One Ack commence par chercher un portrait ou un animal qui l’appelle — une figure qui, pour lui, possède déjà une
histoire. Il la transforme ensuite en pochoir,
matrice qu’il réactive de toile en toile. Le fond, quant à lui, naît avant tout choix figuratif : une surface libre, peinte à l’acrylique ou à la bombe, guidée par la musique, l’humeur, le rythme du geste. Ce n’est qu’ensuite que le motif surgit, comme si la toile elle-même appelait son habitant.
Entre fantaisie et réalité colorée, l’artiste compose des images qui ne cherchent pas à imposer un récit, mais à ouvrir un passage. Ses œuvres invitent chacun à projeter sa propre histoire, à reconnaître dans ces silhouettes un fragment de soi, une mémoire, une émotion. Elles portent la trace de la rue, mais aussi celle d’un imaginaire plus vaste, où le rêve et la matière se rencontrent.
One Ack appartient à ces artistes qui transforment l’héritage du street art en un territoire sensible, presque poétique. Ses toiles, vibrantes et habitées, prolongent ce geste premier : offrir de la lumière là où l’on ne l’attend pas, et rappeler que toute surface — mur, toile, ville ou regard — peut devenir un lieu de renaissance.
© C. Le Borgne - Ars Essentia
Exposition Galerie Ars Essentia du 28 février au 25 avril 2026
9 place Felix Ziem, 21200 Beaune





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