Sculpture en bronze : comprendre la technique fascinante de la fonte à la cire perdue
- Cedric Le Borgne

- il y a 24 heures
- 4 min de lecture
Au sein de la galerie d’art ARS ESSENTIA, spécialisée dans la présentation et la vente de sculptures contemporaines, nous exposons des œuvres réalisées selon une grande diversité de techniques : taille directe sur bois ou pierre, modelage pour la céramique, ferronnerie pour les métaux ferreux… Mais ce sont les sculptures en bronze qui suscitent le plus de curiosité. Leur présence, leur densité, leur patine unique interrogent nos visiteurs. C’est pourquoi nous vous proposons un éclairage complet sur la technique de la fonte à la cire perdue, procédé ancestral qui permet de créer la majorité des bronzes présentés dans notre galerie.
Qu’est‑ce que le bronze ? Une matière noble et réglementée
Le bronze est un alliage principalement composé de cuivre et d’étain. En France, la réglementation est stricte : pour être qualifié de bronze, un alliage doit contenir au minimum 65 % de cuivre, complété par de l’étain et parfois de l’aluminium, afin d’améliorer la dureté et la résistance à la corrosion.
Dans le domaine de la fonderie d’art, la proportion de cuivre dépasse souvent ce seuil légal, garantissant une qualité optimale pour les sculptures.
Depuis 1968, la législation française encadre également le nombre d’exemplaires pouvant être tirés d’un même moule pour qu’une sculpture soit reconnue comme œuvre originale :
8 exemplaires numérotés de 1 à 8,
4 épreuves d’artiste numérotées de I à IV.
Chaque tirage doit porter son numéro, la signature ou marque de l’artiste, ainsi que le cachet du fondeur.

Étape 1 : l’œuvre originale et la création du moule
Toute sculpture en bronze commence par une œuvre originale, réalisée en argile, plâtre, cire de modelage ou matériaux composites. Lorsque l’original est en cire, il n’existe généralement qu’un seul exemplaire.
La première opération consiste à créer un moule en creux :
traditionnellement en plâtre,
mais aujourd’hui le plus souvent en élastomère de silicone, qui permet une reproduction extrêmement fidèle des détails.
Une épreuve en plâtre est souvent tirée à partir de ce moule et conservée par l’artiste ou le fondeur pour de futurs tirages.
Étape 2 : le modèle en cire
Le fondeur coule ensuite plusieurs couches de cire à l’intérieur du moule

. Pour une sculpture creuse, cette étape permet de définir l’épaisseur finale du bronze et l’espace du futur contre‑moule.
Une fois la cire démoulée, l’intérieur est rempli d’un noyau maintenu par des tiges métalliques. On ajoute ensuite :
des jets en cire qui formeront les canaux d’alimentation du bronze,
des évents pour évacuer les gaz lors de la coulée.
Cette étape est cruciale : elle conditionne la qualité du tirage final et évite les bulles ou les manques de matière.
Étape 3 : le moule de potée
Le modèle en cire est ensuite recouvert d’un moule de potée en matière réfractaire, composé de plusieurs couches :
une couche très fine pour capter les détails,
des couches plus épaisses pour la résistance,
une armature métallique pour supporter la pression du bronze en fusion.
Le moule est chauffé à environ 700 °C :
la cire fond et s’évacue (d’où le nom cire perdue),
le moule se cuit et se solidifie.
Il est ensuite placé dans une fosse de sable sec pour résister à la montée en température lors de la coulée.
Étape 4 : la coulée du bronze

Le bronze est porté à environ 1100 °C dans un creuset, puis surchauffé à 1150 °C pour garantir
une fluidité parfaite. La coulée doit être réalisée en une seule fois, avec régularité et précision. C’est une étape spectaculaire, exigeante et dangereuse, où l’expérience du fondeur est déterminante.
Après la coulée, la sculpture refroidit lentement dans son moule, parfois plusieurs heures selon sa taille.

Étape 5 : décochage, ciselure et patine
Une fois refroidi, le moule est détruit : c’est le décochage. La sculpture brute apparaît, encore marquée par les traces du réseau de coulée.
S’ensuivent :
l’ébavurage,
la ciselure au burin et à la lime,
le nettoyage à la brosse métallique.
Enfin vient la patine, véritable signature esthétique du bronze. Selon les traitements (acides, oxydes métalliques, vapeur d’ammoniaque, chauffe), la sculpture peut prendre des teintes brunes, vertes, noires, ou être polie pour un éclat doré. Une fine couche de cire protège ensuite la surface.
Pourquoi les sculptures en bronze sont-elles si recherchées ?
La complexité de la technique de la fonte à la cire perdue, la rareté des tirages et la noblesse du matériau expliquent la valeur souvent élevée des sculptures en bronze. Chaque pièce est unique, même au sein d’une même série, et conserve la trace du geste de l’artiste comme du savoir‑faire du fondeur.
C’est cette singularité qui séduit les collectionneurs et confère aux bronzes une cote stable et durable.

Découvrir la sculpture en bronze à la galerie ARS ESSENTIA
Si la magie du bronze vous attire, la galerie ARS ESSENTIA se tient à votre disposition pour vous présenter :
des sculptures en bronze de créateurs contemporains,
des œuvres de sculpteurs plus anciens,
et un accompagnement expert pour comprendre les techniques, les patines et les éditions.
La sculpture en bronze est un art exigeant, mais aussi un monde de beauté, de matière et de lumière. Laissez‑vous guider.











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