La basilique Notre-Dame de Beaune. Architecture romane, mécénat ducal et chef-d’œuvre de la tapisserie médiévale

La basilique Notre-Dame de Beaune est l’un des monuments les plus significatifs de la Bourgogne médiévale. Son histoire, son architecture et les œuvres qu’elle conserve témoignent de la vitalité spirituelle, artistique et politique du duché. Édifiée entre le milieu du XIIᵉ siècle et le milieu du XIIIᵉ, elle s’inscrit dans la tradition romane clunisienne tout en intégrant des apports gothiques et Renaissance. L’édifice, devenu collégiale puis basilique, demeure aujourd’hui l’un des ensembles religieux les mieux conservés de la région. Sa silhouette, ses volumes et la richesse de son décor intérieur en font un lieu où se rejoignent l’histoire du duché, la rigueur monastique et la beauté des arts sacrés.
Un édifice roman façonné par l’influence de Cluny
Au XII° siècle, Etienne de Bâgé, évêque d’Autun, appuie le souhait d’Hugues II le Pacifique et sa femme Mathilde de Turenne de construire un édifice plus grand, dans le style clunisien.
La construction de Notre-Dame de Beaune commence vers 1120 et se poursuit jusqu’au XIIIᵉ siècle. Elle s’inscrit dans le grand mouvement roman qui marque la Bourgogne, région profondément influencée par Cluny. L’abbaye, centre majeur de la réforme monastique, développe un langage architectural fondé sur la monumentalité, la régularité des volumes, l’usage des arcs en plein cintre et une recherche d’harmonie géométrique. Notre-Dame de Beaune reprend ces principes avec une grande fidélité. La nef, les piliers massifs, les voûtes régulières et la sobriété du décor sculpté témoignent de cette influence qui associe rigueur monastique et ambition spirituelle.
Le porche occidental, achevé au XIIIᵉ siècle, introduit une ouverture vers le style gothique. Les

chapelles latérales, ajoutées du XIIIᵉ au XVIᵉ siècle, prolongent la structure romane sans en rompre l’équilibre. Le clocher, d’origine gothique, fut reconstruit au XVIᵉ siècle avec un toit à l’impériale qui lui confère une silhouette singulière dans le paysage beaunois. À l’extérieur, une sculpture d’Hercule intégrée dans un remaniement Renaissance témoigne de la circulation des motifs humanistes dans l’art sacré. Sur le côté sud, les anciens bâtiments conventuels des chanoines, aujourd’hui presbytère, rappellent la présence du chapitre qui anima la vie spirituelle de la collégiale pendant des siècles.
La construction est conduite d’un seul jet jusqu’à la fin du XIII° siècle, ce qui lui donne sa remarquable unité. L’incendie de 1272 amène quelques remaniements dans les parties hautes du chœur : les fenêtres romanes de l’abside sont remplacées par de grandes fenêtres à remplage et des arcs-boutants viennent renforcer l’édifice. La tour supportant le clocher est elle aussi remaniée. Deux tours de façade et un porche largement ouvert complètent l’ensemble au XIV° siècle. La flèche gothique sera remplacée en 1580 par un dôme à lanterne, dit « à l’impériale », sur les plans d’Hugues Sambin.
Mathilde de Turenne et Hugues II. La présence ducale dans l’histoire de Notre-Dame
L’histoire de Notre-Dame de Beaune s’inscrit dans la continuité du duché capétien de Bourgogne. Parmi les figures qui marquent cette période, la duchesse Mathilde et son époux Hugues II sont indiqué comme étant à l'origine de la construction de la basilique collégiale de Beaune. Le couple entretient une relation étroite avec les chapitres et les communautés canoniales qui structurent la vie religieuse de la ville qui était à l'époque le siège du Parlement de Bourgogne donc de fait la capitale politique du Duché. La ville ne sera supplanté dans ce rôle par Dijon qu'à la suite du rattachement du Duché au royaume de France après la mort de Charles le Téméraire en punition de la prise de position des beaunois pour sa fille Marie de Bourgogne.
La duchesse Mathilde, morte à Beaune, vécu jusqu'à l'age de 80 ans (10852- 1162), elle a fait don à la Collégiale d'une pierre d'autel dont un fragment est conservé dans le Chœur, et de la vierge romane au Christ en majesté, qu'elle aurait ramené d'Auvergne.
Les chapiteaux de la collégiale Notre-Dame de Beaune. Un ensemble roman où se mêlent récit, symboles et traditions bourguignonnes.
La collégiale Notre-Dame de Beaune conserve un ensemble de chapiteaux romans qui, bien que moins spectaculaires que ceux d’Autun ou de Saulieu, témoignent de la richesse de l’art sculpté en Bourgogne au XIIᵉ siècle. Beaucoup sont sobres ou inachevés, mais plusieurs méritent une attention particulière. Ils illustrent la diversité des thèmes iconographiques qui traversent l’Europe médiévale tout en révélant des particularités locales. Ces chapiteaux constituent un ensemble cohérent où se mêlent récits bibliques, motifs végétaux et figures symboliques, notamment les animaux musiciens qui occupent une place singulière dans l’imaginaire roman.
Les chapiteaux historiés. La lapidation de saint Étienne et l’Arche de Noé

Parmi les chapiteaux les plus remarquables, celui de la lapidation de saint Étienne retient l’attention par la clarté de sa composition. Le premier martyr chrétien est représenté dans une scène dynamique où les bourreaux, stylisés mais expressifs, soulignent la violence du geste. La sculpture, bien que concise, traduit la tension dramatique du récit et rappelle la fonction didactique de l’art roman, destiné à instruire les fidèles par l’image.

Un autre chapiteau illustre l’Arche de Noé après le déluge. La scène, traitée avec simplicité, montre la structure de l’arche et les animaux qui descendent de l'arche d'un coôté et Noé de l'autre observant le ciel L'arche est posé sur le sommet d'une montagne (le mont Arrarat) et l'on observe des vaguelettes figurant la baisse des eaux. Ce thème, fréquent dans l’art roman, évoque la protection divine et la continuité de la création. Il s’inscrit dans une tradition iconographique qui valorise les récits de salut et les figures de fidélité à Dieu. La présence de ce chapiteau dans la collégiale souligne l’importance des thèmes bibliques dans la sculpture bourguignonne du XIIᵉ siècle.
Les chapiteaux végétaux. La tradition décorative bourguignonne
Les chapiteaux végétaux de Notre-Dame de Beaune témoignent d’une maîtrise certaine du décor

ornemental. Les feuilles, les volutes
et les tiges stylisées composent des motifs réguliers qui rappellent les influences clunisiennes. La sobriété du décor, la recherche d’équilibre et la précision des formes traduisent une esthétique monastique fondée sur la mesure et la clarté. Ces chapiteaux, bien que discrets, participent à l’harmonie générale de l’édifice et illustrent la capacité des sculpteurs bourguignons à associer rigueur géométrique et sensibilité décorative.
Cependant, on peut distinguer dans certains de ces chapiteaux des messages discrets. Dans celui-ci, vous pouvez remarquer une tête d'homme à la base des rinceaux et un escargot dans les entrelacs qui partent des deux colonnes, ces symboles ne sont pas gratuits.
En effet, cette composition romane réunit des motifs qui expriment la condition humaine face au salut. La tête d’homme figure l’âme confrontée à son destin spirituel, entre régénération et déséquilibre moral. Le feuillage qui l’entoure évoque soit la vie divine qui élève l’être, soit l’emprise des passions terrestres qui l’enferment. L’escargot ajoute une dimension de résurrection et de lenteur spirituelle, rappelant la progression intérieure de l’âme. Les deux colonnes encadrent l’ensemble et rappellent le passage du monde profane vers l’espace sacré. Ce motif propose une lecture unifiée du combat intérieur de l’homme cherchant à s’élever vers la lumière.
La symbolique médiévale des animaux musiciens

Les animaux musiciens. Un symbolisme médiéval entre satire, morale et inversion du monde
Parmi les chapiteaux les plus singuliers de la collégiale, ceux représentant des animaux musiciens occupent une place particulière. Ils sont situés contre le mur de façade, dans une zone difficile à observer, ce qui renforce leur caractère discret et presque secret. Leur présence dans un édifice religieux peut surprendre, mais elle s’inscrit dans une tradition iconographique bien attestée dans l’art roman.
Les animaux musiciens appartiennent à un répertoire visuel qui mêle satire, enseignement moral et inversion symbolique du monde. Dans l’imaginaire médiéval, les animaux qui imitent les gestes humains incarnent souvent des comportements déviants ou ridicules. Leur présence dans un décor sculpté invite le fidèle à réfléchir sur la fragilité de la condition humaine, sur les dangers de la vanité et sur les dérives du comportement.
Une tradition bourguignonne de l’humour sculpté
En Bourgogne, plusieurs édifices romans présentent des figures animales dotées de comportements humains. Ces sculptures, souvent placées dans des zones secondaires ou discrètes, témoignent d’une tradition locale où l’humour, la satire et la fantaisie trouvent leur place dans l’art sacré. Les animaux musiciens de Beaune s’inscrivent dans cette continuité. Leur présence, loin d’être anecdotique, rappelle que l’art roman associe étroitement le sérieux du message religieux et la vivacité de l’imaginaire populaire.
Une lecture morale et spirituelle
Les animaux musiciens peuvent également être interprétés comme une invitation à distinguer la vraie joie spirituelle des plaisirs trompeurs. Dans la pensée médiévale, la musique sacrée élève l’âme, tandis que la musique profane peut détourner de la contemplation. En représentant des animaux jouant d’instruments, les sculpteurs de Beaune soulignent la nécessité de discerner ce qui élève et ce qui abaisse, ce qui conduit à Dieu et ce qui éloigne de la sagesse.
Adam et Eve ou l'arbre de Jessé
Un autre des chapiteaux de la Collégiale représente deux personnages couronnés qui se tiennent

de part et d’autre d’un arbre dont les feuilles jaillissent avec abondance. Chacun porte un fruit dans un geste qui semble à la fois rituel et symbolique. Les visages sont stylisés et inscrits dans un décor végétal dense qui renforce la dimension sacrée de la scène. Ce motif peut renvoyer à la lecture prélapsaire (c'est à dire avant d'être chassé du paradis) d’Adam et Ève autour de l’Arbre de la connaissance, où les couronnes expriment leur dignité originelle avant la Chute. Il peut également figurer l’Arbre de Vie et les Élus recevant les fruits de l’Esprit, signe de régénération et de vie éternelle. Enfin, il peut évoquer l’Arbre de Jessé qui offre une interprétation plus simple et plus directe : il représente la généalogie sacrée qui conduit jusqu’au Christ. Dans l’art roman, cet arbre est l’image d’une lignée qui naît d’un ancêtre nommé Jessé et qui se déploie jusqu’au Sauveur. Il exprime la continuité de la promesse divine et la manière dont l’histoire humaine s’inscrit dans un projet spirituel. L’ensemble met en scène la tension entre la royauté perdue au Paradis et la royauté spirituelle retrouvée dans l’espérance de la résurrection.
Saint François d'Assise
Ce chapiteau du collatéral droit représente un personnage vêtu d’une robe de bure serrée par une

corde, doté d’une tonsure et d’une auréole qui confirme son statut de saint. Il tient un paquet que l’on identifie comme des draps liés, placé au‑dessus d’une corbeille d’où semblent surgir des arbres, tandis qu’un équidé souriant apparaît sur la droite. La plupart des guides attribuent cette scène à saint Jérôme accompagné du lion, en établissant un parallèle avec un chapiteau de Saint‑Andoche d’Autun où figure effectivement un animal associé au saint . Cependant, l’ensemble des attributs visibles correspond plus précisément à saint François d’Assise. La robe de bure tenue par une corde est l’élément distinctif de l’ordre fondé par François, la corde, la bure et l’auréole constituent les marqueurs iconographiques du saint.
La scène renvoie à un épisode bien attesté de son hagiographie. François, fils d’un marchand drapier, se rend au village de Foligno pour vendre des draps appartenant à son père ainsi qu’un cheval, afin d’obtenir les moyens nécessaires à la restauration d’une chapelle délabrée. Ce geste répond à l’ordre reçu en songe "de réparer son Église en ruine", épisode fondateur de sa vocation et de la naissance de son mouvement. Les draps liés, la corbeille végétale et l’équidé constituent des indices narratifs cohérents avec ce passage, et non avec les épisodes traditionnellement associés à saint Jérôme.
La portée symbolique du chapiteau est claire. En rappelant l’acte de François qui se fait serviteur de la reconstruction spirituelle, il exprime l’obligation pour chaque chrétien d’être une pierre vivante dans l’édification de l’Église. Cette dimension didactique est conforme à la fonction des chapiteaux romans, dont le rôle pédagogique est largement attesté dans les études consacrées à l’art roman et à ses programmes sculptés.
La collégiale et son chapitre. Un centre spirituel majeur
Notre-Dame de Beaune devient collégiale au XIIᵉ siècle. Le chapitre, composé de chanoines, joue un rôle essentiel dans la vie religieuse et sociale de la ville. Il administre les biens, organise la liturgie et entretient les relations avec les ducs et les autorités ecclésiastiques. Les bâtiments conventuels, situés au sud de l’église, témoignent de cette présence. Ils abritent aujourd’hui le presbytère, mais conservent la mémoire de la communauté qui anima la collégiale pendant plusieurs siècles. La collégiale est également un lieu de pèlerinage et de dévotion mariale, dimension renforcée par la présence de la tenture de la Vie de la Vierge dans le chœur.
La tenture de la Vie de la Vierge. Un cycle narratif exceptionnel
La tenture de la Vie de la Vierge, réalisée à la fin du XVe siècle et achevée en 1501, est composée de cinq pièces murales. Elle déroule sous des arcatures un cycle narratif de dix-sept épisodes consacrés à la vie de Marie. Les scènes sont tissées en laine et soie, avec des techniques complexes telles que les duites courbes, les duites obliques, les relais et les battages. Les inscriptions tissées mentionnent la date de réalisation, la devise du donateur et des fragments de textes liturgiques. Le chanoine Hugues III Le Coq, commanditaire de la tenture, est représenté en donateur sur les deuxième et cinquième pièces.
Les épisodes représentés dans la tenture
La tenture déroule un récit complet de la vie de Marie, depuis ses origines jusqu’à son couronnement céleste. Elle commence par la rencontre de sainte Anne et saint Joachim à la Porte

Dorée, scène fondatrice de la tradition apocryphe. La Nativité de la Vierge montre Marie nouveau-née entourée de servantes et de sainte Anne. La Présentation au Temple représente la consécration de Marie, qui monte les marches du sanctuaire. Le choix de saint Joseph et le mariage de la Vierge introduisent la dimension familiale du récit.
L’Annonciation et la Visitation sont traitées avec

une grande finesse dans le rendu des drapés et des gestes. La Nativité du Christ, l’Annonce aux Bergers et la Circoncision déploient une iconographie influencée par les maîtres flamands. L’Adoration des Mages et la Présentation au Temple enrichissent le cycle par des scènes liturgiques et royales. La Fuite en Égypte et le Massacre des Innocents introduisent une tension narrative qui contraste avec la douceur des épisodes précédents. La Sainte Famille offre une scène intime. La Dormition, placée au centre du cycle, montre Marie entourée des apôtres dans une composition d’une grande précision. Le Couronnement de la Vierge clôt l’ensemble par une scène céleste d’une grande richesse chromatique.

L’art de la tapisserie à la fin du XVe et au début du XVIe siècle
La tenture de Beaune s’inscrit dans un moment particulièrement riche de l’histoire de la tapisserie européenne. À la fin du XVe siècle, les ateliers flamands, notamment ceux de Bruxelles et de Tournai, dominent la production. Les cartons sont souvent réalisés par des peintres influencés par les maîtres flamands, ce que confirme l’iconographie de Beaune. Les tapisseries associent laine et soie, permettant des effets de lumière, des dégradés subtils et une grande finesse dans le traitement des étoffes.
Les scènes sont structurées par des arcatures, élément typique des tentures de chœur. Les costumes brodés, les étoffes moirées et les parterres de mille-fleurs témoignent d’une recherche décorative qui caractérise la production de la fin du Moyen Âge. Les inscriptions tissées, les armoiries et les devises renforcent la dimension liturgique et mémorielle de ces œuvres. La tenture de Beaune, par son état de conservation, sa qualité technique et sa présence dans le lieu même pour lequel elle fut conçue, constitue un témoignage majeur de cet art textile.
a Vierge en majesté de Notre‑Dame de Beaune : une présence romane au cœur de la Bourgogne
La Vierge noire de Notre‑Dame de Beaune
L’histoire de Notre‑Dame de Beaune s’ouvre sur une présence mariale qui structure l’identité de

l’édifice depuis le XIIe siècle. La tradition locale attribue à Mathilde, sœur du pape Callixte II et épouse du duc capétien Hugues II, le don d’une statue de la Vierge à l’église alors en construction. Les sources rappellent que Mathilde, dont le père était mort en Orient, aurait transmis à Beaune une Vierge noire en bois fruitier, considérée comme une réplique de Notre‑Dame du Port de Clermont, d’autant plus précieuse que l’originale a disparu. Cette statue reliquaire, hiératique et frontale, s’inscrit dans la grande tradition romane des Vierges en majesté qui présentent Marie assise sur un trône portant l’Enfant dans la posture du Trône de la Sagesse. Elle exprime la place centrale de la Vierge dans le mystère de l’Incarnation et dans la transmission du message chrétien.
La donation de Mathilde s’accorde avec le programme iconographique de l’église naissante. Un fragment d’autel roman conservé dans la collégiale porte l’inscription latine Mathildis Ducissa et montre la duchesse prosternée aux pieds d’une Vierge à l’Enfant, ce qui confirme son rôle de bienfaitrice et l’importance de la dévotion mariale dans la fondation de l’édifice. La nouvelle église fut naturellement dédiée à la Vierge et prit le nom de Notre‑Dame de Beaune. La statue devint l’un des objets les plus vénérés de la ville. On la portait en procession lors des épidémies de peste et elle accompagnait les fidèles dans les moments de détresse collective. L’édifice, situé sur un axe fréquenté par les pèlerins, devint une étape sur le chemin de Compostelle et les templiers venaient y rendre hommage, ce qui témoigne de la reconnaissance de ce sanctuaire dans le paysage spirituel médiéval.

La Vierge noire de Beaune s’inscrit dans une continuité iconographique qui relie l’art roman aux expressions plus tardives de la dévotion mariale. Sa frontalité, la stabilité de ses volumes et la sobriété de son modelé rappellent la recherche d’intemporalité propre aux ateliers romans qui privilégient la clarté théologique plutôt que la narration. La statue ne représente pas une scène de vie mais manifeste une vérité spirituelle. Elle rappelle que Marie est la médiatrice entre le Ciel et la Terre et qu’elle porte en elle la sagesse incarnée. La Vierge en majesté de l’église Notre‑Dame de Beaune s’inscrit dans l’une des plus anciennes traditions iconographiques de l’art roman, celle qui présente Marie assise, frontale, portant l’Enfant sur ses genoux dans la posture dite du Trône de la Sagesse. Cette représentation exprime la place centrale de la Vierge dans le mystère de l’Incarnation et dans la transmission du message chrétien. La frontalité stricte, la verticalité du corps et la stabilité des volumes rappellent la recherche d’intemporalité propre aux ateliers romans qui privilégient la clarté théologique plutôt que la narration anecdotique. Le Christ, souvent figuré avec les traits d’un adulte, bénit et tient le Livre, signe de sa nature divine et de son rôle de maître de la sagesse.
Un sanctuaire où se rejoignent histoire, art et spiritualité
La basilique Notre-Dame de Beaune apparaît comme un lieu où l’architecture romane, les apports gothiques et les influences renaissantes dialoguent avec l’un des chefs-d’œuvre de la tapisserie médiévale. L’histoire du duché capétien, l’héritage clunisien et la présence des chanoines se rejoignent dans un édifice qui incarne la continuité d’une tradition spirituelle et artistique profondément ancrée en Bourgogne. Découvrir la tenture de la Vie de la Vierge dans son cadre originel, au cœur du chœur roman, offre une expérience rare où l’histoire, l’art et la liturgie se répondent dans une unité vivante.







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